Nombre de fois je me suis posé la question de savoir pourquoi j'écris... Nombre de fois j'ai essayé de me convaincre comme d'autres ont pu essayer de le faire, que j'écrivais pour ma propre exigence, mon propre bonheur...
Tant de fois par la suite, je me suis rendu compte que j'écrivais en fait pour tenter de créer un lien avec l'autre, les autres... Pour qu'existe ce lien social dont nous avons tousbesoin pour vivre et pour avoir conscience que nous existons...
Cependant quelle que soit mon idée sur l'écriture du poète que je suis, j'ai toujours su garder la tête froide, conscient de la relativité de ma position... Le poète il est vrai, est ce phare qui, dans les nuits froides et lugubres, ou celles lumineuses et féériques, constellées d'étoiles, indique le chmin à suivre.... A ceux qui le lisent ou l'écoutent de le suivre ou pas !...
Voici mes reflexions sur la fonction sociale du poète...
Messager !!!
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Vous dire pourquoi mes mots coulent de source
Ni comment se fait-il qu’ils se fassent la course
Pour venir m’apporter images et idées,
M’éclairant des lumières qui les ont guidés,
Je ne sais ni ne peux !… J’en suis ignorant,
Fidèle serviteur, je les sers en courant !...
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Ils viennent, en courant parfois, dans la douleur
Groupés autours de moi, en canon ou en chœur,
Musiques, scènes fleuries, parfums et couleurs
Me conter et les joies et les peines du cœur…
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De fil en aiguilles, eux et moi réunis
Devant l’avènement de quelques vers bénis
Dont les mots sont en fait les seuls inventeurs
Et dans lesquels je ne suis qu’un simple conteur !...
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D’où viennent-ils ? Je ne sais… Ils me visitent
Même si parfois ils s’embrouillent ou hésitent
Surgis de nulle part, les voici qui se bousculent
Certains, impatients et vaincus, se reculent,
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Et lorsque, embouteillés, à la même issue
Ma main, pas assez rapide pour pouvoir les suivre,
Qu’à la pointe du stylo ils ne peuvent survivre
Se faisant discrets, me quittent à mon insu !...
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En suivant parfois des chemins de traverse,
Profitant de l’éclosion d’une idée, adverse
Des mots déjà partis reviennent s’imposer
Par simple association de concepts opposés
Ils s’attaquent à ma pensée, ou la titillent,
Flammes, candélabres, étoiles qui brillent,
Ils gonflent, prennent poids, ne cessent de grossir
Et s’étalent dans l’encre, sur la feuille à noircir
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D’autres demeureront sur la file d’attente
Auront un plaisir malin si je m’impatiente
Ma bouche et ma plume demeureront sèches
Et l’offre de ma muse, battue en brèche
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Sans venir, sans partir, sans dire au revoir
Ils se font incertains et difficile à voir
Enfouis dans ma mémoire ils pourront hiberner
Flous et imprécis, je ne peux les discerner !...
Ils attendent serein le réglage de l’image
Pour venir s’annoncer avec tous leurs bagages
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D’autres s’en iront, oui !… Jusqu’à disparaître !...
Si jamais j’insiste, ils m’enverront paître
Ou s’étant immolés, ne laisseront que cendres…
Ils diront sûrement si je pouvais entendre :
« Tu as eu ta chance, il fallait la saisir
Poète lève toi, c’en est assez de gésir !...
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Les mots, les sentiments, coulent comme un fleuve
Que l’on ne peut retenir, encore moins, forcer !...
Quelle que soit la vertu que tu puisse exercer,
Tu devras, poète, si tu veux qu’ils t’abreuvent
Montrer, par le mérite, combien tu es doué
Et combien tu es humble, pour les amadouer
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Accepte de croire, même si ça paraît étrange
Qu’il arrive que le beau naisse dans la fange
Que beauté et laideur existent bien partout
Liées, indissociables elles forment un tout,
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Que face à tous ces plus, il y a aussi les moins,
Et la diversité, dont les hommes sont témoins,
Fait partie du discours que nous venons te conter
Pour peu que toi, poète, tu saches écouterÂ
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D’autres, je le sais, se font plus insistants
A coups de boutoirs sur la file qui attend
Pourront jaillir à la pointe de la plume !...
Flamme de l’idée qui déjà les consume,
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Ils portent le souvenir, autant que le sentiment.
Beauté qui vous soulève jusqu’au firmament
Dont, vous convenez, que les mots sont le ciment !...
Mais toute idée fugace ne dure qu’un moment !
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Ma plume ne peut plus stopper sa course folle
Et danse sur la feuille à laquelle elle colle
D’un instant à l’autre, ces mots, ces inconnus
Porteront, en amis, mon âme jusqu’aux nues
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Ils se feront nectar, sucré et affolant
Feront chanter la muse qui dort en moi
En mettant à nu, l’âme de mon émoi
Puis ils me laisseront… vidé et pantelant !...
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Je mesure les mots qui viennent se confier :
L’idée et le verbe, seront précis et forts,
Si puissants qu’il peuvent faire fi des efforts
Que d’autres déploient pour pouvoir versifier !...
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L’image sera belle au-delà du requis
Ils ne sont pas de moi … Et je ne sais par qui
Ils me sont envoyés, ni dans quel dessin !
Elles sont un mal incurable et sans vaccin…
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Rien n’explique que des mots, pourtant, faciles
Portent cette puissance sur leurs dos fragiles
Et quoi que de moi, vous puissiez exiger
Je reste et je demeure : Simple messager !...
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